Comment passer le permis en fauteuil ?

Une voiture adaptée pour Alaïs

Comment passer le permis en fauteuil ?

1 août 2018 Les nouvelles 3

 

Handicapés ou valides, vous avez été nombreux à me poser la même question : mais comment peut-on passer le permis en fauteuil ? Moi aussi, jusqu’à juin 2017 précisément je ne savais même pas que c’était possible. Je m’étais résignée à faire mes études puis utiliser un taxi toute ma vie pour trouver du boulot.

 

Mieux vaut tard que jamais, 2 ans avant la fin de mes études j’apprend qu’il est possible de conduire en fauteuil et sans avoir de force dans les bras (youpi!). Je vous le fait pas à nouveau, mais j’ai fait un article spécial pour expliquer les différents types de véhicules dans cette situation !

 

Quant au permis, il n’existe que très très peu d’auto-écoles permettant d’arriver au poste de conduite en fauteuil tout en conduisant avec un joystick ou d’autres systèmes sophistiqués. Pour ma part, je dois avoir un véhicule décaissé dans lequel je rentre avec une rampe automatique et sans siège conducteur. Je suis toujours dans mon fauteuil et j’utilise un petit joystick de quelques centimètres pour accélérer/freiner et faire la direction (ce système est extrêmement sensible et nécessite une précision et une grande anticipation de la route). Tout ceci dans le but de pallier à mes difficultés physiques qui m’empêchent de conduire avec une boule au volant ou tout autre matériel. C’est pour cette raison que je suis allée dans les Yvelines à nos frais alors que j’habite en Bourgogne.

 

Je suis donc partie du 02 au 13 puis du 23 au 26 juillet avec mes p’tites roulettes de fauteuil et mon chien d’assistance (accessoirement ma mère et mon copain qui m’ont accompagné en prenant des congés!) près de Versailles en stage intensif d’environ deux semaines et demi pour un total d’une trentaine d’heures. Je faisais 1H30 le matin et 1H30 l’après midi. La conduite se faisait sur un Kia Carnival. Autant vous dire qu’après avoir conduit un gabarit aussi gros, mon « futur » Partner me semblera rikiki. Il faisait aussi extrêmement chaud puisqu’il faisait 30 à 35 dans la région à ce moment là, avec une petite panne de clim, mais c’était supportable. (On dira que j’aime bien les challenges compliqués…).

 

 

Pendant ces semaines, j’étais accompagnée de Antoine, un enseignant à la conduite du CEREMH qui m’avait déjà fait faire l’évaluation d’aptitude à la conduite 1 an plus tôt. Il m’a poussé dans mes limites et m’en a fait voir de toutes les couleurs : autoroutes, nationales, départementales, la route des « 17 tournants » qui porte bien son nom, Paris 15ème, des dos d’ânes par milliers, des rues étroites au possible en plein Versailles, bref… De quoi bien passer le permis en toute sérénité. No stress ! Revenir à Dijon par rapport à tout ça me semblera être un jeu d’enfant !

 

Conduite dans Versailles avec aperçu du château dans le fond. Royal !

 

Evidemment, ce stage m’a aussi confirmé que j’adorais vraiment conduire. Revenir en se disant que l’on va devoir acheter une voiture à 90 000 € à cause de son handicap a comme un petit goût amer…

 

Après avoir fait toutes ces petites aventures en Île de France à bord d’un Kia Carnival sous 30 degrés accompagnée de mes proches et mon petit labrador, j’ai passé le permis le 26 juillet les doigts dans le nez (heu…enfin, presque) : quand on est préparé et qu’on a un bon moniteur, c’est facile. L’examen est favorable à 26,5/30. Maintenant, il y a plus qu’à ! 

3 réponses

  1. Elven dit :

    Bravooo Alais !!! 😉

  2. Encore bravo Alaïs !
    Ce fût un plaisir pour moi de t’accomppagner jusqu’au permis, notamment pour ta bonne humeur et ta volonté. Bon courage pour la suite.
    J’ai créer un lien vers cette page depuis la rubrique actualité du site CEREMH
    Je te souhaite un bel été.

  3. Fred dit :

    Vivement que tu nous emmènes faire un tour !!! Bravo à toi et à très bientôt ! 😉

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